Lecture

Rivage de la colère / L’extase du selfie / Lanfeust

Cela faisait un moment que ce livre me faisait de l’œil…

Connaissez-vous les Chagos ? Vous non plus ? Peut-être que les îles Salomon, ça vous parle mieux ? Ce sont des archipels de l’Océan Indien dépendants de l’île Maurice et des Maldives… enfin… annexés par les anglais au début des années 70 après l’indépendance de Maurice… Et ce roman, à travers la vie de Marie-Pierre Ladouceur et de son fils Joséphin, retrace l’histoire de ce peuple déporté… La colère nous accompagne tout au long de cet ouvrage qui se base sur des faits réels (pour en avoir un aperçu, je vous invite à regarder ce petit documentaire archivé par l’INA : Chagos, le combat d’un peuple et cet article de France Info : Chagos : l’ONU somme Londres de rendre l’archipel de l’océan Indien à l’île Maurice et celui du site Le grand continent : Le jeu de go des Chagos). La vie suivait son cours ordinaire sur l’île de Diego Garcia : travaux des champs pour produire de l’huile de coco à échanger avec les vivres qui arrivaient par bateau ici et là, permettant aux habitant de se nourrir, s’habiller… l’argent n’avait pas cours alors sur l’île, même au milieu des années 60, les arrivages étaient l’occasion de fêtes et puis, il y a eu celui-ci, plus particulier, avec ce jeune homme séduisant, et séduit par Marie… C’est une histoire d’amour, entre ces deux êtres, entre Marie et ses enfants, entre les habitants et leur île à laquelle ils vont être injustement arrachés… C’est un exil, définitif car l’île a été arrachée par les anglais pour y installer une base militaire américaine, et sans aucune compensation, ni accueil convenable, une fois arrivés à Maurice, ils ont été livrés à eux-mêmes, sans argent, sans papiers d’identité… C’est une histoire qui ne cesse de se répéter dans l’Histoire, mais qu’on n’aurait pas cru possible, de la part des anglais, si peu de temps après la 2ème guerre mondiale et ses horribles déportations de juifs… C’est un livre puissant, haletant, on espère beaucoup pour Marie, et les siens… on souhaite que justice soit rendue, et on aimerait que cela n’existe plus nulle-part, ce colonialisme nauséabond, ce mépris pour les êtres humains, pour la vie, parce que l’un croyait que personne ne vivait là, qu’un autre pensait qu’ils n’étaient que saisonniers, et puis d’autres ont fait les sourdes oreilles, il n’y avait pas de responsable en particulier de la situation, et puis… qui cela pouvait-il bien intéresser ? Mais il y a eu l’acharnement des îliens et nous ne pouvons que les admirer… Je le recommande à mon tour.

Rivage de la colère, Caroline Laurent

À la librairie, de la même façon qu’il y a des bonbons à la caisse des épiceries et supermarchés, pour nous tenter (enfin, moi, ça me laisse froide, tant qu’ils ne mettent pas de bons chocolats, je suis tranquille…), il y a toujours des petits livres de poche… pour nous tenter aussi… et parfois, je suis faible, et j’ai donc pris ce récent ouvrage de Philippe Delerm (pourtant ni attirée par l’idée des selfies, ni le bling-bling de la couverture brillante), car c’est toujours un plaisir de lecture… L’auteur est un sociologue-poète, il décortique nos gestes, les met en mots, y cherche les intentions réelles ou supposées voire imaginées… seulement… dans cet opus… je ne m’y suis pas vraiment retrouvée, entre les gestes qui ne sont pas du tout les miens (ne serait-ce que le selfie) ni ceux de mon entourage et ceux que je n’ai pas reconnus (j’ai eu du mal à saisir de quoi il voulait parler avec le coup de hanche et la mémoire, j’ai dû relire une ou deux phrases pour bien saisir de quoi il s’agissait) mais au moins, j’ai eu le plaisir des belles phrases, des jolis mots, des petits grammes de lecture à savourer… Je le déposerai sûrement dans une boîte à livres pour faire plaisir à quelqu’un d’autre…

L’extase du selfie et autres gestes qui nous disent, Philippe Delerm

Lanfeust Odyssey, cela faisait longtemps que je n’en avais pas lu, il attendait depuis Noël (reçu par Le Prince), et puis, je n’avais pas encore trouvé le temps/l’envie de le lire… et je me suis bien amusée ! Comme toujours, l’aventure est accompagnée de nombreux jeux de mots. Pour les amoureux du genre.

Lanfeust Odyssey, Le destin de Karaxastin, Arleston et Tarquin

7 commentaires sur “Rivage de la colère / L’extase du selfie / Lanfeust

  1. Inconditionnelle de Philippe Delerm depuis son premier ouvrage, je les ai tous dans ma bibliothèque (une bonne vingtaine environ) et c’est précisément ce genre de lecture qu’il me faut en ce moment.
    Sinon, dans un tout autre registre, je suis toujours subjuguée par le « Sorcières » de Mona Chollet.
    Bises et beau we

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  2. Hello,
    toujours sympa les Lanfeust, j’en emprunte régulièrement à la médiathèque
    Rivage de la colère, tu m’as donné envie, le documentaliste au lycée à ouvert une liste à suggestion, je viens de le rajouter !!
    Je viens de lire une super BD, Peau d’Homme de Hubert et ZAnzim…
    bon week end !
    vero

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